Hugo COLOMBIER -
Négociateur
Capital.fr : Comment se porte le marché immobilier bordelais ?
Hugo Colombier : Dans
d’autres grandes agglomérations, les prix sont à la baisse, ici, le
centre ville se maintient. Les ventes continuent à un bon rythme et les
prix affichent même une légère hausse (+2% par rapport à 2012). Bordeaux
poursuit en fait son rattrapage : alors qu’il y a dix ans, la ville se
classait au 19ème rang national pour son prix au mètre carré, elle
figure désormais en 5ème position. Il faut dire que la munipalité ne
ménage pas ses efforts pour changer de visage et accroître son
attractivité. Les nombreuses rénovations attirent une nouvelle clientèle
d’investisseurs et de parisiens. Profitant de taux d'intérêt bas et
d’un marché locatif dynamique (notamment auprès des étudiants), ils
acquièrent principalement des petites surfaces. L'offre étant rare, les
prix ont tendance à monter.
Capital.fr : Quels sont les prix pratiqués dans le centre et les quartiers huppés ?
Hugo Colombier : Les
acquéreurs privilégient les valeurs sûres : l'hypercentre est très
recherché. Les prix peuvent atteindre 4.500 voire 5.000 euros le mètre
carré si le produit est sans défaut et situé dans le fameux « Triangle
d’or », entre le cours Clémenceau, l’allée Tourny et le cours de
l’Intendance. Dans cette rue, un appartement de 65 mètres carrés, deux
chambres, aux prestations haut de gamme (belles hauteurs sous plafond,
moulures, cheminée, parquet,…) s’est vendu 295.000 euros (soit plus de
4.500 euros le mètre carré). Au-delà de cette zone très prisée, les prix
moyens du centre restent élevés : entre 3.000 et 3.500 euros du mètre
carré. Toujours très recherchée, la petite échoppe bordelaise, cette
maison de plein pied ou en rez-de-jardin, de 90 mètres carrés, avec
trois chambres et un jardinet, s’affiche généralement à 350.000 euros.
Quant aux appartements, ils s’échangent entre 250.000 et 400.000 euros
suivant leur superficie et leur localisation. Plus excentré mais très en
vogue, le quartier des Chartrons propose des prix qui se rapprochent de
plus en plus de ceux de l’hypercentre. Une maison de 130 mètres carrés,
avec 4 chambres, a récemment changé de propriétaire, pour 415.000 euros
(soit .200 euros le mètre carré).
Capital.fr : Dans quels secteurs, trouve-t-on des prix plus doux ?
Hugo Colombier :
Il faut sortir du centre ville et parier sur des quartiers en devenir
comme ceux de Saint Jean-Belcier ou de Bacalan. Près de la gare
(quartier St Jean), les prix sont en effet plus faibles (entre 2.200
voire 2.800 euros le mètre carré) mais le projet de quartier d’affaires
Euratlantique pourrait faire monter les enchères. Longtemps victime
d'une mauvaise image, la rive droite reste également moins cotée, les
prix y sont raisonnables. Mais là encore, cela pourrait changer grâce au
tramway qui offre une liaison rapide avec le centre, l’aménagement des
Bassins à Flots, la création d’un musée du vin, la mise en service du
nouveau pont reliant la Bastide à Bacalan, ainsi que la construction de
nombreux logements neufs. Les prix de ces derniers atteignent déjà des
sommets : les primo-accédants et investisseurs déboursent de 4.000 à
4.500 euros du mètre carré. Dans l’ancien, comptez 2.500 euros en
moyenne.
Capital.fr : Quelles communes des alentours attirent les acheteurs ?
Hugo Colombier : Au
nord de Bordeaux, Le Bouscat, apprécié par sa vie de quartier, son côté
familial et sa proximité avec les grands axes routiers, affiche des
prix proches de ceux du centre. Comptez au minimum 3.000 euros le mètre
carré. Même ordre de prix, plus au sud, pour les communes de
Saint-Augustin et Talence. Il faut aller au-delà de la rocade pour voir
les prix fléchir : -5% en moyenne par rapport à l’année dernière.
Propos recueillis par Céline Deval pour Capital.fr
Source : Capital.fr /
Mis à jour le 14/03/2013 à 18:00 © DR
Retrouvez notre zoom de 2012 : "Dans l’hypercentre de Bordeaux, les prix de l’immobilier grimpent encore"
60, rue Fondaudège
33000 Bordeaux


